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Les conditions climatiques naturelles des régions subtropicales constituent un véritable gisement d’énergies et de matériaux renouvelables.
Une sylviculture durable permettrait de fournir la totalité de l’énergie nécessaire à la production locale d’électricité et à la
cuisson des aliments.
La production naturelle de bois dans les forêts subtropicales et équatoriales est d’environ 12,6 milliards de tonnes (12,6 Gt), soit plus de 5 milliards de tonnes ‘équivalent pétrole’ (5 Gtep), soit la moitié de l’énergie primaire mondialement consommée. 30% des forêts subtropicales sont situées en Afrique, soit une production annuelle de 1,6 Gtep, un volume qui équivaut à toute l’énergie primaire consommée actuellement en Europe.
PRODUCTION D’ÉLECTRICITÉ
Le bois peut facilement être broyé en plaquettes afin d’alimenter
une chaudière industrielle de 1 mégawatt (MW) à 20MW pour produire de la vapeur. Une turbine produit alors de l’électricité
avec un rendement compris entre 15 et 30%.
Une tonne de bois contient environ 5 mégawatt-heure (MWh) de chaleur. Elle peut ainsi fournir plus d’1 MWh d’électricité. Le Sénégal consomme actuellement environ 1,8 millions de MWh électriques par an produits quasi uniquement à partir de pétrole pour une facture énergétique approchant les 200 millions d’€.
Moins de deux millions de tonnes (1,8Mt) de bois pourraient se substituer à ce combustible moyennant la plantation en boisénergie
de 60.000 hectares sur les 6 millions que compte la Casamance, soit à peine 1% de sa surface.
Une centrale électrique au bois coûte environ 2,25 millions d’€ par MW de puissance. 600 MW seraient nécessaires pour subvenir aux besoins actuels du Sénégal, soit un investissement global de 1,35 milliard d’€, lequel serait rentabilisé en 6 ou 7 années d’exploitation, compte tenu de la facture pétrolière nationale actuelle.
On estime que l’électricité produite au départ du bois-énergie aura un coût de revient au kWh deux fois moins élevé par rapport
à une centrale classique au fuel lourd et dix fois moins élevé comparé à une centrale photovoltaïque.
En savoir plus
Schéma technique de production d’électricité avec du bois-énergie
Production de charbon
Dans de nombreuses régions d’Afrique, le bois est une ressource
pour le chauffage de l’eau ou la cuisson des aliments sous forme de charbon de bois. En Casamance, celui-ci se commercialise à
80 € la tonne (une tonne équivaut à 8 MWh d’énergie). Au Brésil, les grandes exploitations de bois-énergie atteignent même un
prix inférieur à 30 € par tonne.
Le charbon de bois est donc un combustible local très compétitif par rapport au gaz ou au pétrole. De plus, il se stocke et se
transporte facilement. Il brûle mieux que le bois en générant peu de fumées et d’imbrûlés. Son utilisation est généralisée chez les populations locales. Une production industrielle optimise sa transformation chimique; on obtient alors un rendement énergétique supérieur à 50%, contre moins de 25% selon la méthode artisanale.
En tenant compte d’une consommation moyenne de 120 kg par
personne, environ 1,3 millions de tonnes de charbon de bois produit à partir de 4 millions de tonnes de bois sont nécessaires
pour un pays comme le Sénégal (10 millions d’habitants). Ceci implique environ 130.000 hectares de sylviculture, soit 2% de la
Casamance.
BOIS ENERGIE POUR L’EXPORTATION
Le Bois Energie est susceptible de répondre à la problématique énergétique de l’Europe. Le respect du protocole de Kyoto est un enjeu supplémentaire financier et environnemental.
Compte tenu du prix de revient du bois, un commerce équitable pourrait s’établir si le prix d’achat du bois sec s’établissait entre 20 € à 30 € la tonne.
Le prix du transport par bateau coûte entre 25 € et 30 € la tonne soit un prix rendu compris entre 45 € et 60 €, très compétitif dans un marché européen où la tonne de biomasse se négocie actuellement entre 70 € et 90 €. A l’heure actuelle, la consommation de bois-énergie en Europe est faible mais en croissance rapide. Une demande accrue va inévitablement provoquer des tensions à la hausse sur le prix de cette ressource dès que la demande va dépasser l’offre. C’est déjà le cas aujourd’hui en Belgique, par exemple.
On peut prédire que le prix du MWh bois-énergie évolue à la hausse, légèrement en dessous du prix du MWh fossile. Ainsi, le prix du bois-énergie devrait doubler d’ici 5 à 10 ans.
Dans son « paquet énergétique » présenté le 10 janvier 2007, la Commission européenne a annoncé l’objectif de tirer 20% de son énergie de sources renouvelables à l’horizon 2020. Selon les estimations de l’Agence européenne pour l’Environnement, plus de 15% de l’énergie européenne pourraient provenir de la biomasse d’ici 2030.
Le projet BES a pour vocation de s’étendre sur d’autres régions, rien n’empêche d’envisager la production de bois-énergie sur une part importante du territoire sénégalais.
10% du territoire sénégalais pourraient produire annuellement 60 millions de tonnes de bois, soit un revenu de 1,2 milliard d’€ d’exportation; ce qui doublerait le volume actuel des exportations nationales. En outre, l’alignement du prix des énergies renouvelables sur le prix du pétrole entraînera une croissance naturelle susceptible de doubler la valeur de cette exportation d’ici 5 à 10 ans.
Les rendements élevés et la facilité de culture du bois-énergie lui valent actuellement le titre de biocarburant de deuxième génération, de nombreuses équipes scientifiques travaillent à sa transformation en combustible liquide ou en gaz. On estime que, d’ici 10 ans, le bois-énergie liquéfié remplacera l’huile de colza et les bioéthanols.
L’Union européenne pourrait utilement aider cette sylviculture à se développer en finançant les infrastructures routières et portuaires nécessaires, lesquelles bénéficieront à toute la population locale et au développement d’autres activités.
Des secteurs associés tels que le transport routier et maritime, se développeront, multipliant ainsi les retombées.
