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ASPECTS ENVIRONNEMENTAUX

Conservation des sols et agronomie

Dans les pays en développement, on estime que près d'un milliard d'hectares de terres arables sont tellement dégradées que leur productivité est modérément ou sévèrement compromise. Dans le monde, quelque 9 millions d'hectares (dont 5 millions en Afrique) ont vu leurs fonctions biotiques originelles complètement détruites et en sont arrivées au point où leur remise en état n'est probablement pas rentable.

La Casamance bénéficie d’une pluviosité élevée, évaluée à 1200 mm/an et d’un ensoleillement de 2500 kWh/m2/an bien réparti entre la période hivernale et estivale. Ces conditions devraient être idéales pour la croissance végétale, sauf que l’ensemble des précipitations tombe sur 3 à 4 mois.

pluviosité
CARTES DES ISOHYÈTES 2005, service météo sénégalais

Seul l’arbre est parfaitement adapté à ces conditions; avec ses longues racines, l’arbre capte l’eau et reste vert toute l’année.

Le rôle de l’arbre face à ces pluies diluviennes est capital dans la conservation des sols : ses feuilles atténuent l’impact des gouttes d’eau, ses racines tiennent les sols et facilitent l’infiltration de l’eau, ses feuilles mortes et ses branches nourrissent le sol et l’aident à garder sa structure.

C’est pourquoi l’arbre a toujours été intégré au système de culture traditionnelle : la jachère arbustive longue. Avant de cultiver les paysans débroussaillent mais ne dessouchent pas, après la culture, les arbres adaptés à ce mode de gestion reprennent, protégeant et nourrissant le sol.

La culture du bois-énergie est une adaptation des pratiques traditionnelles : les arbres sont plantés en ligne, entre les espaces de cultures. Tous les 3 à 4 ans, les cultivateurs exploitent les arbres et cultivent ensuite l’arachide, le riz de montagne, le gombo ou le mil. Ensuite les arbres repoussent protégeant le sol et entretenant sa fertilité.

PROTECTION DES FORÊTS NATURELLES

Les enjeux de la production de bois à des fins énergétiques ne doivent pas masquer l’importance de préserver les milieux naturels d’une exploitation sauvage.

Déjà en 1989, l’étude prospective "Sénégal 2015" a souligné la nécessité de modifier le système d’exploitation des ressources forestières pour la satisfaction des besoins en dendroénergie, conçu sur une base non durable. Parallèlement, dans le domaine de l’environnement, la politique retenue recommandait l’implication et la responsabilisation des populations dans la gestion des ressources naturelles.

Les plantations de bois-énergie ne sont pas, à vrai dire, des forêts. Des essences arbustives à croissance rapide (gmelina,leucaena, niaouli, eucalyptus, neem, acacias,…) sont plantées à faible écartement. Le champ de bois-énergie est exploité tous les 3 à 6 ans avec des rendements excellents, de l’ordre de 30 T/ha/an. Les arbres ont été choisis pour repousser après la coupe.

Le bois produit est renouvelable et peut diminuer la pression anthropique sur les milieux naturels, aidant ainsi à la préservation des réservoirs de biodiversité que sont les forêts naturelles.

On pourrait également imposer le label FSC aux exploitations privées ou publiques qui fourniraient le bois. Ce label garantit le caractère durable de la production envisagée.

Lutte contre l'effet de serre

Depuis une décennie un consensus scientifique mondial s’est construit et consolidé autour du phénomène de changement climatique, puis de son origine anthropique.

Le récent rapport (2007) du GIEC (Groupe d'experts Intergouvernemental sur l'Evolution du Climat) annonce une augmentation de la température moyenne de la planète comprise entre 1,8 et 4°C au cours du siècle à venir. La différence entre l’estimation haute et basse est liée au scénario qui sera suivi. Sur la période 2000-2005, on a estimé les émissions liées à la combustion d’énergies fossiles (pétrole, gaz naturel, charbon) à 7,2 milliards de tonnes de carbone (CO2) chaque année. Le CO2 participe à ce que l’on appelle l’effet de serre et son taux dans l’atmosphère peut être corrélé à la température moyenne de la planète au cours des âges.

Une augmentation de 1,8°C au cours du siècle représente un changement climatique important et correspond à une réduction drastique des émissions de CO2 (de 7,2 vers 4 milliards de tonnes). Une augmentation de 4°C représente un changement climatique catastrophique et correspond à une croissance ininterrompue des émissions de CO2.

Le changement climatique a pour conséquence la fonte des calottes polaires du Groenland, de l’Antarctique et de l’Arctique,ainsi que la fonte des glaciers. Ces phénomènes ainsi que la dilatation de l’eau de mer résulteront en une hausse du niveau des océans évaluée entre 18 et 59 cm au cours du 21ème siècle. Ce phénomène est déjà en cours, on estime cette augmentation au cours du 20ème siècle à 17 cm.

En Casamance on observe actuellement les conséquences de la montée des eaux par l’érosion accélérée des îles, la destruction des digues à sel et la perte de rizières. D’autre part, le changement climatique se marque par une diminution des précipitations et un raccourcissement de l’hivernage dans cette région (de 7 mois à 3 ou 4 mois).

érosion
Terre salinisée par un bras de mer à Diogué
Au cours des siècles à venir, la hausse pourrait se poursuivre et atteindre plusieurs mètres voire dizaines de mètres si aucune action n’aboutit à une réduction des gaz à effet de serre.

Une manière de lutter contre le réchauffement climatique consiste à substituer des énergies fossiles par des énergies renouvelables. Le bois-énergie s’inscrit tout à fait dans cette optique, la combustion du bois, produit durablement, a un bilan CO2 nul. En effet, le carbone libéré a préalablement été prélevé dans l’atmosphère par la plante.

effet de serre
Cycle du CO2 engendré par le bois énergie

Un modèle énergétique sénégalais durable, fondé sur le boisénergie, pourrait être à l’origine d’un changement à l’échelle de l’Afrique, voire de la zone intertropicale mondiale susceptible de jouer un rôle essentiel dans la lutte contre l’effet de serre et la montée des eaux.

Le commerce des Certificats de non-émission de CO2 est une technique visant à utiliser les mécanismes de marché pour inciter, d’une part, les pollueurs à réduire leurs émissions et pour fournir, d’autre part, des finances à ceux qui émettent déjà moins.

Ce commerce est basé sur trois éléments :
• les certificats d’émission standardisés et contrôlés
• les droits d’émission attribués par des pouvoirs publics
• les intermédiaires organisant le commerce.

Le système de régulation internationale issu du protocole de Kyoto se met progressivement en place, sous la houlette du UNFCCC. Des initiatives privées, telles que CarbonNeutral, organisent un commerce de certificats basé sur le fait qu’un nombre croissant d’acteurs économiques sont prêts à compenser, sur base volontaire, leurs émissions par des investissements de réduction d’émission effectués par des tiers. La tonne de CO2 non émise se négocie ici à plus de 10 €, en fonction des projets.

La Bourse d’Echange de Carbone européenne (Powernext Carbone) s’est ouverte en 2005 sur une valeur de 8 €/T de CO2. Quelques mois plus tard, la valeur s’est stabilisée autour de 25 € jusqu’en 2006. Cette valeur s’est ensuite effondrée en 2007 suite à l’annonce par plusieurs états européens d’émissions en-dessous des prévisions. Un nouveau marché d’échange, the European Climate Exchange (ECX) a vu le jour dans le cadre de la deuxième phase de l’application du protocole de Kyoto. Sur ce marché, la tonne de dioxyde de carbone dépasse les 20 €.

On estime que ces systèmes d’échange de droit d’émission devront fixer la tonne de CO2 à 25-30 € pour atteindre les objectifs de réduction.

L’impact en terme de non-émission de CO2 qui résulte de la substitution d’une énergie fossile par du bois-énergie dépend de la filière. Dans le cadre de la substitution de fuel de chauffage par du bois-énergie sous forme de plaquettes, une tonne de bois représente à peu près 1 tonne de CO2 non émis.

Si la tonne de CO2 non émis s’achète à 20 €, la valorisation de 60 millions de tonnes de bois sur ce marché représente 1,2 milliard d’€.

Design and conception Michael Corhay
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