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ASPECT SOCIAL

SénégalDès son lancement, la société BES a eu la volonté de développer un projet durable qui profite grandement à la population locale. Par conséquent, le projet BES promeut une croissance économique redistribuée.

Actuellement, les besoins essentiels de nombreuses personnes dans le monde, et principalement en Afrique dans les pays en développement, ne sont pas satisfaits. Au Sénégal, le revenu national brut par habitant est de 710 € (Source Unicef, www.unicef.org), soit à peu près 2 € par jour.

Une enquête réalisée par le ministère des finances sénégalais met en évidence que près de sept ménages sur dix estiment leur consommation alimentaire au cours des 12 mois précédants l’interview insuffisante par rapport aux besoins de leur ménage. Concernant les conditions de logement, les proportions sont quasiment identiques.(« Enquête de suivi de la pauvreté au Sénégal », Ministère de l’économie et des finances, août 2007)

De cette enquête, il ressort aussi que la majorité des ménages estime que « promouvoir les activités génératrices de revenus» suivi de « fournir un appui matériel et financier» est le meilleur moyen de combattre la pauvreté.
Pourquoi pouvons-nous dire que le projet BES profite à la population locale et répond à ses besoins? Quelles sont les conséquences économiques du changement d’habitudes, du passage d’agriculteur en producteur de bois énergie?

Analyse micro-Economique

Pour pouvoir analyser les avantages d’un projet de production de bois énergie par la population rurale, il faut comparer le revenu issu de la production de bois durable avec ses activités de base, ses sources de revenu. Pour faciliter la comparaison, seule les activités de production pluviale de riz et d'arachides seront retenues ici. Dans le tableau ci-dessous sont repris les revenus engendrés par les différentes cultures.

Comparaison culture
Source : FAOSTAT| www.gouv.sn| Agri Info nov. 2007

Nous voyons que la riziculture pluviale n’est pas productive. La productivité est 4,5 fois inférieure à d’autres régions du pays (Delta du fleuve Sénégal). Cela est dû à une dégradation des sols causée notamment par l’érosion éolienne et hydrique, aux pratiques de gestion inadaptées (monoculture, abandon de la jachère, etc.), à la perte de fertilité des sols et à une diminution de la pluviosité. La production de riz casamançais génère un revenu d’environ 70 € par hectare par an et la taille moyenne d’une exploitation est limitée à 2 hectares. Le revenu total du ménage est donc de 140€.

Nous voyons que le revenu par hectare de la culture d'arachide est d'environ 2 fois plus élevé, 130 €. Par contre, la surface cultivée par actif (équivalent temps plein) est inférieure. Un ménage moyen ne pourrait donc que cultiver 1,2 hectares. Son revenu est donc d'environ 156€.

Le revenu engendré par hectare par la culture de bois énergie selon le contrat BES est 3 fois plus élevé que celui du riz, environ 214€. Nous voyons qu'un propriétaire terrien a intérêt à produire du bois. Une autre dimension est à rajouter au calcul, celle-ci vient augmenter l'avantage de la production de bois: un homme seul peut cultiver jusqu'à 10 hectares de culture! Cela est facile à comprendre. Un hectare d'arachide peut comprendre jusqu'à 90.000 pieds d'arachide plantés alors qu'un hectare de bois ne nécessite qu'entre 1500 et 2000 pieds plantés. Quelle différence de travail! Revenons à nos calculs, un ménage possédant 10 hectares de terre pourrait donc gagner 15 fois plus en produisant du bois énergie plutôt que du riz!

Nous pouvons donc conclure que la production de bois énergie est fortement génératrice de revenu!

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ActivitES secondaires

SénégalIl est important de rappeler que l’activité de production de bois n’empêche pas le cultivateur d’avoir d’autres sources de revenu. Tout d’abord, la production de bois n’occupe pas le cultivateur toute l’année mais seulement une partie. Il peut donc s’adonner à d’autres activités telles que la pêche et le maraîchage. Ensuite, la plantation de bois n’occupe pas la surface totale de leurs terres. Les terrains préconisés pour la plantation sont des surfaces inutilisées. De plus, l’agriculteur peut réaliser ses cultures traditionnelles (riz de montagne, gombo, arachide,…) entre les espacements des arbres . Par ailleurs, après la coupe, les branches d’arbres dégagées des grumes peuvent être broyées et fournir un fertilisant naturel produit localement (compost) pour la culture maraîchère.

CrEation d’emplois

Il est essentiel de considérer le nombre d’emplois créé par l’activité BES. Environ 870 personnes seront employées directement par la société B.E.S à l’apogée de son activité. Le personnel est constitué des gestionnaires de l’entreprise, des techniciens, d’ouvriers, de vulgarisateurs, etc. A ce nombre, il faut rajouter la création d’emplois directs à l’activité de production via les contrats partenariats. Il est plus difficile d’évaluer le nombre exact de personnes liées à l’activité car cela dépend de la taille de l’exploitation, de la productivité de chaque exploitant et du fait que l’activité est saisonière et temporaire sur certains points (la plantation et la production se font seulement la première année). Cependant, nous savons qu’une personne peut s’occuper de 10 ha de plantation et qu’elle nécessite de l’aide pour la récolte du bois et la plantation. Nous pouvons donc avancer le fait que 100.000 hectares de plantation fourniront de l’emploi durable à environ 16.000 personnes équivalent temps plein.

SénégalIl est plus aisé de quantifier l’impact du projet sur l’emploi en masse monétaire. Lors de son évolution normale, l’entreprise va générer sur ses 10 premières années un revenu à la population casamançaise de plus de 96.500.000 € (Salaires des employés et paiement du contrat partenariat). Par la suite, l’entreprise atteint sa capacité de 100.000 ha et génère un revenu direct à la population d’environ 25.000.000 € par an. Cette somme est considérable et démontre encore une fois l’importance du projet pour la population rurale. Notons également que ces montants ont été calculés avec les termes du contrat de 2007. Par conséquent, ceux-ci ne pourront être que plus élevés. En effet, au cours du temps, le producteur se verra octroyer un revenu plus élevé car les prix qu’il perçoit pour le bois sont alignés sur le prix de l’énergie (charbon), dans un marché mondial où la demande énergétique dépasse largement l’offre en énergies renouvelables.

Lutte contre l'exode rural

De plus, le projet BES par sa création de revenus et d’emplois est une alternative à l’exode rural qui touche fortement la Casamance de nos jours. En effet, comme nous l’avons vu précédemment, la riziculture dévoile ses limites à générer assez de revenus pour nourrir et satisfaire les besoins des producteurs. Les petits exploitants familiaux se retrouvent par conséquent dans une situation d’équilibre très précaire. Ils constituent un groupe vulnérable, enclin à l’exode vers les villes (Ziguinchor, Dakar) ou tombent dans la paupérisation.

 

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